27
fév
09

Farandole des pauv’s ‘tits fan-fans morts

(Ronde parlée)

Farandole

Nous, on est les pauv’s tits fan-fans,
les p’tits flaupés, les p’tits foutus
à qui qu’on flanqu’ sur le tutu :

les ceuss’ qu’on cuit, les ceuss’ qu’on bat,
les p’tits bibis, les p’tits bonshommes,
qu’a pas d’ bécots ni d’ suc’s de pomme,
mais qu’a l’ jus d’ triqu’ pour sirop d’ gomme
et qui pass’nt de beigne à tabac.

Les p’tits vannés, les p’tits vaneaux
qui flageol’nt su’ leurs tit’s échâsses
et d’ qui on jambonn’ dur les châsses :

les p’tits salauds, les p’tit’s vermines,
les p’tits sans-cœur, les p’tits sans-Dieu,
les chie-d’-partout, les pisse-au-pieu
qu’il faut ben que l’on esstermine.

Nous, on n’est pas des p’tits fifis,
des p’tits choyés, des p’tits bouffis
qui n’ font pipi qu’ dans d’ la dentelle,
dans d’ la soye ou dans du velours
et sur qui veill’nt deux sentinelles :
Maam’ la Mort et M’sieu l’Amour.

Nous, on nous truff’ tell’ment la peau
et not’ tit’ viande est si meurtrie
qu’alle en a les tons du grapeau,
les Trois Couleurs de not’ Patrie…

Qué veine y z’ont les z’Avortés !
Nous, quand on peut pus résister,
on va les retrouver sous terre
ousqu’on donne à bouffer aux vers.
Morts ou vivants c’est h’un mystère,
on est toujours asticotés !

Nous, pauv’s tits fan-fans d’assassins,
on s’ra jamais les fantassins
qui farfouillent dans les boïaux
ou les tiroirs des Maternelles
ousqu’y a des porichinelles !

Car, ainsi font, font, font
les petites baïonnettes
quand y a Grève ou Insurrection,
car ainsi font, font, font
deux p’tits trous…. et pis s’en vont.

Nous n’irons pas au Bois, non pus
aux bois d’ Justice… au bois tortu,
nous n’irons pas à la Roquette !

Et zon zon zon… pour rien au monde,
Et zon, zon, zon, pipi nous f’sons
et barytonnons d’ la mouquette
su’ la Misère et les Prisons.

Nous, pauv’s tits fan-fans, p’tits fantômes !
Nous irions ben en Paladis
si gn’en avait z’un pour les Mômes :

Eh ! là, yousqu’il est le royaume
des bonn’s Nounous à gros tétons
qui nous bis’ront et dorlott’ront ?

Car « P’tit Jésus » y n’en faut pus,
lui et son pat’lin transparent
ousqu’on r’trouv’rait nos bons parents,

(On am’rait mieux r’venir d’ son ciel
dans h’eun’ couveuse artificielle !)

Gn’y en a qui dis’nt que l’ Monde, un jour,
y s’ra comme un grand squar’ d’Amour,
et qu’ les Homm’s qui vivront dedans
s’ront d’ grands Fan-fans, des p’tits Fan-fans,
des gros, des beaux, des noirs, des blancs.

Chouatt’ ! Car sans ça les p’tits pleins-d’-giffes
pourraient ben la faire à la r’biffe ;
quoique après tout, on s’en-j’-m’en-fous
pisqu’on sait ben qu’un temps viendra
où qu’ Maam’ la Mort all’ mêm’ mourra
et qu’ pus personne y souffrira !

Mais en guettant c’te bonn’ nouvelle
sautez, dansez, nos p’tit’s cervelles ;
giclez, jutez, nos p’tits citrons.

Aign’ donc, cognez ! On s’ fout d’ la Vie
et d’ la Famill’ qui nous étrille,
et on s’en fout d’ la République
et des Électeurs alcooliques
qui sont nos dabs et nos darons.

Nous, on est les pauv’s tits fan-fans,
les p’tits flaupés, les p’tits fourbus,
les p’tits fou-fous, les p’tits fantômes,
qui z’ont soupé du méquier d’ môme

qui n’en r’vienn’nt pas… et r’viendront plus.

Jehan  Rictus — Le Cœur populaire

_-_-_-_

A propos de Jehan Rictus, selon Léon Bloy :
“ Après Verlaine, il y avait encore celui-là, Poète catholique sans le savoir et sans que personne l’ait jamais su, excepté moi, mais le dernier, sans aucun doute. Personne, maintenant, ne passera plus par cette porte”

“ Jehan Rictus est un de ces monstres de mélancolie et de pitié qui ne connaissent pas Dieu et qui crèvent de l’amour de Dieu. Voilà tout. L’espèce n’en est pas très-rare. ”

Léon Bloy, “ Le Dernier Poète Catholique ”, in Les Dernières Colonnes de l’Eglise. Extrait sur le site consacré  à  Jehan Rictus.

Biographie de  Gabriel Randon, dit Jehan  Rictus  ( 1867 – 1933)

06
jan
09

Les fœtus

Les fœtus, de Mac Nab (1856-1889)
in
Poèmes mobiles

Fetus with a Vision  un dessin de Dan Allison

"Fetus with a Vision" Dan Allison

Un dessin de Dan Allison, qui accompagne avec humour un texte qui  n’en manque pas.

On en voit de petits, de grands,
De semblables, de différents,
Au fond des bocaux transparents.

Les uns ont des figures douces ;
Venus au monde sans secousses,
Sur leur ventre ils joignent les pouces.

D’autres lèvent les yeux en l’air
Avec un regard assez fier
Pour des gens qui n’y voient pas clair !

D’autres enfin, fendus en tierce,
Semblent craindre qu’on ne renverse
L’océan d’alcool qui les berce.

Mais, que leur bouche ait un rictus,
Que leurs bras soient droits ou tordus,
Comme ils sont mignons, ces fœtus,

Quand leur frêle corps se balance
Dans une douce somnolence,
Avec un petit air régence !

On remarque aussi que leurs nez,
A l’intempérance adonnés,
Sont quelquefois enluminés :

Privés d’amour, privés de gloire,
Les fœtus sont comme Grégoire,
Et passent tout leur temps à boire.

Quand on porte un toast amical,
Chacun frappe sur son bocal,
Et ça fait un bruit musical !

En contemplant leur face inerte,
Un jour j’ai fait la découverte
Qu’ils avaient la bouche entrouverte :

Fœtus de gueux, fœtus de roi,
Tous sont soumis à cette loi
Et bâillent sans savoir pourquoi !…

Gentils fœtus, ah ! que vous êtes
Heureux d’avoir rangé vos têtes
Loin de nos humaines tempêtes !

Heureux, sans vice ni vertu ;
D’indifférence revêtu,
Votre cœur n’a jamais battu.

Et vous seuls, vous savez, peut-être,
Si c’est le suprême bien-être
Que d’être mort avant de naître !

Fœtus, au fond de vos bocaux,
Dans les cabinets médicaux,
Nagez toujours entre deux eaux,

Démontrant que tout corps solide
Plongé dans l’élément humide
Déplace son poids de liquide.

C’est ainsi que, tranquillement,
Sans changer de gouvernement,
Vous attendez le jugement !…

Et s’il faut, comme je suppose,
Une morale à cette glose,
Je vais ajouter une chose :

C’est qu’en dépit des prospectus
De tous nos savants, les fœtus
Ne sont pas des gens mal f…

_-_-_

Textes en ligne

Poèmes mobiles (1885) sur le site Gallica
Poèmes incongrus (1887) sur le site Gallica
Trois petits contes (Autour d’un fiacre, Old England, Victime d’un regard) sur le site Miscellanées

Un article à propos de l’édition complète des œuvres de Maurice Mac-Nab dans le Matricule des Anges.


20
nov
08

Les poilus poilus

André Fromont

Le poilu poilu - André Fromont

Le poilu poilu


Mobilisés par les Puissants
Déchiquetés par leur mitraille
Asphyxiés par leurs gaz
Massacrés Tranchés Médaillés
En lambeaux
Les poilus poilus

Mordus par les rats
Mangés par les poux
Digérés par leurs généraux
Sacrés Héros Sculptés
Les poilus poilus

Achevés par leurs artistes
Battus à plâtre couture
Le coup de grâce est coup de ciseau
Défigurés Sacrés Gueules cassées
Éteints comme leurs flambeaux
Les poilus poilus

Plâtre Poussière
Pluies Vents
Soleil Gel
Oiseaux tagueurs
Sacrés Gerbés Rongés
Une mousse poilue honore les orifices
Des poilus poilus


André Fromont “Les poilus poilus

( le poème récité est “Le Clairon “ de Déroulède)

_-_-_

  • La galerie de photos d’ André Fromont / Fernando Mort,  sur Flickr
20
nov
08

Une Charogne

Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d’été si doux:
Au détour d’un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,

Les jambes en l’air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d’une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d’exhalaisons.

Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu’ensemble elle avait joint;

Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s’épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l’herbe
Vous crûtes vous évanouir.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D’où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.

Tout cela descendait, montait comme une vague
Ou s’élançait en pétillant;
On eût dit que le corps, enflé d’un souffle vague,
Vivait en se multipliant.

Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l’eau courante et le vent,
Ou le grain qu’un vanneur d’un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.

Les formes s’effaçaient et n’étaient plus qu’un rêve,
Une ébauche lente à venir
Sur la toile oubliée, et que l’artiste achève
Seulement par le souvenir.

Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d’un oeil fâché,
Epiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu’elle avait lâché.

— Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
À cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion!

Oui! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Apres les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l’herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j’ai gardé la forme et l’essence divine
De mes amours décomposés!

Charles Baudelaire (1821 – 1867)

_-_-_

Une Charogne -  d’Olivier Berry “  vodpod

-_-_-

> Four english translations on  “fleursdumal.orga web site dedicated to the French poet

17
nov
08

Un poème, une sculpture, une photographie…3 époques.

“La jeune Tarentine”

Pleurez, doux alcyons ! ô vous, oiseaux sacrés,
Oiseaux chers à Thétis, doux alcyons, pleurez !

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Une photographie de Ross

Alexandre Schoenewerk, "La jeune Tarentine" (1871)- Musée d'Orsay

" La jeune Tarentine" - 1871 Musée d'Orsay

Un marbre d’Alexandre Schoenewerk, inspiré du poème

171 cm x 74 cm x 68 cm
De 1881 à 1984 l’ œuvre était déposée au Musée national du château de Compiègne

Le poème d’André Chénier
(1762  – 1794)

Pleurez, doux alcyons ! ô vous, oiseaux sacrés,
Oiseaux chers à Thétis, doux alcyons, pleurez !

Elle a vécu, Myrto, la jeune Tarentine !
Un vaisseau la portait aux bords de Camarine :
Là, l’hymen, les chansons, les flûtes, lentement,
Devaient la reconduire au seuil de son amant.
Une clef vigilante a, pour cette journée,
Sous le cèdre enfermé sa robe d’hyménée
Et l’or dont au festin ses bras seront parés
Et pour ses blonds cheveux les parfums préparés.
Mais, seule sur la proue, invoquant les étoiles,
Le vent impétueux qui soufflait dans les voiles
L’enveloppe : étonnée, et loin des matelots,
Elle crie, elle tombe, elle est au sein des flots.

Elle est au sein des flots, la jeune Tarentine !
Son beau corps a roulé sous la vague marine.
Thétis, les yeux en pleurs, dans le creux d’un rocher
Aux monstres dévorants eut soin de le cacher.
Par ses ordres bientôt les belles Néréides
S’élèvent au-dessus des demeures humides,
Le poussent au rivage, et dans ce monument
L’ont, au cap du Zéphyr, déposé mollement ;
Et de loin, à grands cris appelant leurs compagnes,
Et les Nymphes des bois, des sources, des montagnes,
Toutes, frappant leur sein et traînant un long deuil,
Répétèrent, hélas ! autour de son cercueil :
” Hélas ! chez ton amant tu n’es point ramenée,
Tu n’as point revêtu ta robe d’hyménée,
L’or autour de tes bras n’a point serré de nœuds,
Et le bandeau d’hymen n’orna point tes cheveux. “

Recueil : Poésies Antiques

17
nov
08

Le Bûcheron et la Mort

Le Bûcheron et la Mort par Alphonse Legros

"Le Bûcheron et la Mort" par Alphonse Legros

Le Bûcheron et la mort

Un pauvre bûcheron tout couvert de ramée,

Sous le faix du fagot aussi bien que des ans

Gémissant et courbé marchait à pas pesants,

Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée.

Enfin, n’en pouvant plus d’effort et de douleur,

Il met bas son fagot, il songe à son malheur.

Quel plaisir a-t-il eu depuis qu’il est au monde ?

En est-il un plus pauvre en la machine ronde ?

Point de pain quelquefois, et jamais de repos :

Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts,

Le créancier, et la corvée

Lui font d’un malheureux la peinture achevée.

Il appelle la Mort, elle vient sans tarder,

Lui demande ce qu’il faut faire

“C’est, dit-il, afin de m’aider

À recharger ce bois ; tu ne tarderas guère.”

Le trépas vient tout guérir ;

Mais ne bougeons d’où nous sommes.

Plutôt souffrir que mourir,

C’est la devise des hommes.

Jean de la Fontaine -  Livre 1, fable 16

Alphonse Legros Dijon, 1837 -  Watford, 1911)

17
nov
08

Dans la Tranchée…

Ernest Gabard - Carnets de guerre. Novembre 1915 - avril 1916

Ernest Gabard - Carnets de guerre. Novembre 1915 - avril 1916

Dans la Tranchée – Noël Garnier

La vieille vient, la vieille va…
la vieille eût pu s’arrêter là…

Elle a roulé toute la nuit
folle de sang, saoule de bruit…

Baisé des bouches ci et là…
(la vieille vient, la vieille va)

Tapis derrière un pare-éclat
nous étions trois serrés en tas.

(La vieille eût pu s’arrêter là)
Elle est allée jusque…là-bas;
elle a tué d’autres soldats!…

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10
nov
08

la maison des morts

Guillaume Apollinaire (1880 – 1918)
À Maurice Raynal.

S’étendant sur les côtés du cimetière
La maison des morts l’encadrait comme un cloître
À l’intérieur de ses vitrines
Pareilles à celles des boutiques de modes
Au lieu de sourire debout
Les mannequins grimaçaient pour l’éternité

sur Flickr


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10
nov
08

Le livre de Monelle

Monelle, petite prostituée, livre sa sagesse avant de céder sa place à ses onze sœurs

(extraits)

Mains, Léonard de Vinci

Et Monelle dit encore : Je te parlerai des choses mortes.
Brûle soigneusement les morts, et répands leurs cendres aux quatre vents du ciel.
Brûle soigneusement les actions passées, et écrase les cendres ; car le phénix qui en renaîtrait serait le même.

Ne joue pas avec les morts et ne caresse point leurs visages.
Ne ris pas d’eux et ne pleure pas sur eux : oublie-les.
Ne te fie pas aux choses passées. Ne t’occupe point à construire de beaux cercueils pour les moments passés : songe à tuer les moments qui viendront.
Aie de la méfiance pour tous les cadavres.
N’embrasse pas les morts : car ils étouffent les vivants.
Aie pour les choses mortes le respect qu’on doit aux pierres à bâtir.
Ne souille pas tes mains le long des lignes usées. Purifie tes doigts dans des eaux nouvelles.
Souffle le souffle de ta bouche et n’aspire pas les haleines mortes.
Ne contemple point les vies passées plus que ta vie passée. Ne collectionne point d’enveloppes vides.
Ne porte pas en toi de cimetière. Les morts donnent la pestilence.

1894
Marcel Schwob

L’intégrale du “Livre de Monelle”
> leboucher.com à télécharger au format PDF

marcel-schwob.org
> Gallica

10
nov
08

complainte de l’oubli des morts

Mesdames et Messieurs,
Vous dont la mère est morte,
C’est le bon fossoyeux
Qui gratte à votre porte.

Une photo  de  Sylvia Ortiz Domney

Les morts
C’est sous terre ;
Ça n’en sort
Guère.

Vous fumez dans vos bocks,
Vous soldez quelque idylle,
Là-bas chante le coq,
Pauvres morts hors des villes !

Grand-papa se penchait,
Là, le doigt sur la tempe,
Sœur faisait du crochet,
Mère montait la lampe.

Les morts
C’est discret,
Ça dort
Trop au frais.

Vous avez bien dîné,
Comment va cette affaire ?
Ah ! les petits mort-nés
Ne se dorlotent guère !
Notez, d’un trait égal,
Au livre de la caisse,
Entre deux frais de bal :
Entretien tombe et messe.

C’est gai,
Cette vie ;
Hein, ma mie,
Ô gué ?

Mesdames et Messieurs,
Vous dont la sœur est morte,
Ouvrez au fossoyeux
Qui claque à votre porte ;

Si vous n’avez pitié,
Il viendra (sans rancune)
Vous tirer par les pieds,
Une nuit de grand’lune !

Importun
Vent qui rage !
Les défunts ?
Ça voyage….

1885

>  Les complaintes de Jules Laforgue ( 1860 – 1887)

> le site web de Sylvia Ortiz Domney

> about Jules Laforgue, web sites in english.